| Olivier Nanteau, directeur de "Le Mouv", pose dans le studio, le 01 avril 1998 à Toulouse ©AFP - Jean-Loup Gautreau |
Publié le 31 08 2026
La disparition définitive de la station Mouv' sur la bande FM marque la fin d’une époque pour la radio analogique. Si la marque perdure sous forme numérique, François Saltiel rappelle les aspects novateurs de la chaîne.
Dans quelques heures, dans la nuit qui arrive, une trentaine d’émetteurs vont s’éteindre, la musique va s’arrêter net pour laisser place à un bruit de rien, un bruit de neige… celui-là même qui rappelle à celles et ceux qui ont connu la radio analogique la recherche désespérée en voiture ou dans une salle de bain embuée de leur station préférée.
Cette radio que je n’ai pas encore citée ne dira peut-être rien à certains auditeurs qui n’ont jamais eu le loisir de la connaitre, d’autres penseront peut-être qu’elle était morte depuis un an ou deux, mais je suis certain qu’elle résonne encore dans le cœur de nombreuses personnes de la Ville Rose de Toulouse où elle s’est installée dans une rare expérience de radio nationale décentralisée à d’autres cités estudiantines de l’Hexagone…
Son nom Le Mouv’ devenu Mouv, une fréquence qui a accompagné depuis la fin des années 1990 le quotidien de jeunes en recherche de libre antenne dans une ère pré-réseaux sociaux où les ondes radiophoniques étaient les seules du paysage à pouvoir accueillir les préoccupations générationnelles.
Une radio un temps défendant "l’esprit rock" avant de basculer vers le hip-hop et de participer à l’émergence de toute une scène rap. Les écarts sont grands et c’est tout le drame du Mouv qui, comme son nom l’indique, n’a cessé d’être en mouvement, non pas pour suivre les soubresauts de l’époque, mais pour chercher sa voie…
Des ambitions éditoriales d’une semi-généraliste au tout musique, des riffs de guitare au flow des freestylers, de la techno à la pop française, elle s’est constamment redéfinie sans trouver durablement sa couleur. Telle une radio mal née et mal nommée, elle n’a jamais décollé de la marge d’erreur des audiences de Médiamétrie, de 0,5 à 1 point d’audience, trop peu pour s’installer et gagner le respect d’une profession qui l'a toujours regardée de haut.
Longtemps désignée coupable idéale pour réaliser des économies, le couperet est tombé, sa disparition de la bande FM permet à Radio France d’alléger sa marge salariale et de ne plus entretenir ses lourds émetteurs, laissant le soin à l’Arcom de réattribuer ces fréquences à des radios associatives ou concurrentes.
Source et suite: Radiofrance / Publié le 31 08 2026