Publié le 29 05 2026
Il est 23 h 30. Louis-Philippe Guy m’accueille dans un minuscule studio du 98,5. C’est là que tous les soirs de semaine, l’animateur présente la seule émission de nuit en direct au Québec.
Une oreille, une présence, un confident, une ressource… Ce gaillard est un peu tout cela pour les auditeurs qui l’écoutent et qui l’appellent alors que la moyenne des ours dort à poings fermés. Louis-Philippe Guy me dit que l’émission sera consacrée aux « sujets libres » Minuit ! La lumière « En ondes » s’allume. Ça y est ! C’est parti !
« Tu vas voir, jusqu’à 2 h du matin, ça va. Mais après ça, il y a des gens intoxiqués qui téléphonent. Je suis obligé de freiner certaines choses. »
De fait, une femme appelle. À micro fermé, Louis-Philippe Guy lui demande si elle a consommé quelque chose. Elle répond que non. Mais une fois à l’antenne, sa diction molle la trahit. L’auditrice parle de sa fille mineure qui a été agressée et dont elle a perdu la garde.
L’animateur la laisse se raconter. La guide un peu, fait venir les mots. Une tristesse infinie découle de ce soliloque. Comment des gens en arrivent-ils à téléphoner à 2 h du matin à un animateur et à étaler de la sorte leur désarroi ? La nuit, tous les chats sont gris. Et certains esprits aussi.
Source et suite: Lapresse / Publié le 29 05 2026