Publié le 18 06 2026
Pendant près d'un siècle, attraper une station en tournant un bouton ou en pressant l'écran a été le geste le plus naturel du monde pour n'importe quel conducteur. Ce lien gratuit, instantané et universel est pourtant en train de se fissurer sous la pression conjointe des nouvelles motorisations et d'une féroce course à la rentabilité. En éliminant les récepteurs physiques, l'industrie automobile s'apprête à modifier en profondeur notre quotidien au volant, transformant un service public historique en un produit dépendant d'Internet.
Des parasites sous le capot et des économies dans les tiroirs
Pour comprendre la disparition des bonnes vieilles ondes AM et FM, il faut d'abord jeter un œil sous le capot des dernières nouveautés. Les moteurs électriques et leurs composants génèrent un sacré bazar électromagnétique qui vient perturber la réception des fréquences analogiques, provoquant des grésillements insupportables pour l'oreille. Face à ce problème, les ingénieurs ont deux options : isoler l'ensemble du système avec des blindages coûteux, ou tout balancer à la poubelle. Devinez ce qu'ils ont choisi. Des marques comme Tesla ou Polestar ont rapidement supprimé la bande AM de leurs véhicules électriques.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là. On passe désormais à la vitesse supérieure puisque la FM commence elle aussi à sauter. Aux États-Unis, Rivian a tout bonnement retiré le récepteur FM de ses derniers modèles, ne laissant aux clients que la possibilité de passer par des flux numériques. De notre côté de l'Atlantique, la tendance prend une tournure encore plus radicale liée aux coûts de fabrication. Pour grappiller quelques euros sur les versions d'accès, Dacia et Citroën ont commencé à faire l'impasse sur l'autoradio. Tesla leur emboîte le pas en retirant carrément l'antenne FM et AM de ses versions d'entrée de gamme sur les model 3 et model Y. Une décision assez radicale qui montre bien que pour économiser de la connectique et des composants, les marques n'hésitent plus à sacrifier un équipement que l'on pensait acquis pour l'éternité.
En France, l'Arcom s'inquiète ouvertement de voir ce média s'évaporer des habitacles au profit de plateformes privées. Au Sénat, des questions se posent pour tenter de sanctuariser l'accès au réseau hertzien...
Source et suite: Autoplus / Publié le 18 06 2026
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