
Cogeco a annoncé hier sa stratégie radio à la suite de l'acquisition de
Corus Québec, qui comprend entre autres une demande d'exception à la politique de propriété commune du
CRTC ainsi que la vente de deux stations à Québec.
L'entreprise veut ainsi pouvoir exploiter, dans le marché francophone de Montréal, trois stations FM et une station AM de langue française au lieu de deux FM et autant d'AM, tel que prévu présentement par
le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Elle souhaite de cette façon soutenir les stations régionales acquises déficitaires. L'exception demandée concerne
le 98,5 FM uniquement dans le marché radiophonique francophone de Montréal. "Cette exception porterait à cinq le nombre total de stations commerciales détenues par
l'entreprise à Montréal, alors que la politique de propriété commune en permettrait en principe jusqu'à huit, soit quatre francophones et quatre anglophones", peut-on lire dans
le communiqué transmis par Cogeco. "Les particularités du marché bilingue de Montréal et l'importance de maintenir une radio parlée forte comme
le 98,5 FM pour assurer la pérennité de la radio parlée francophone au Québec justifient notre demande d'exemption, explique Richard Lachance, vice-président de
Cogeco Diffusion. Sans cette exception, il sera difficile, voire impossible, pour
Cogeco de soutenir indéfiniment des stations de radio parlée en région fortement déficitaires depuis plusieurs années."
La stratégie comporte également la création d'une agence de nouvelles, dont la coordination serait assurée par
le 98,5 FM, à laquelle contribueraient et auraient accès les stations du groupe, ainsi que les stations indépendantes en région et communautaires. Ainsi, les stations régionales
CHLN FM (Trois-Rivières),
CHLT FM (Sherbrooke) et
CJRC FM (Gatineau), demeureraient des services de radio à prédominance parlée, mais qui viseraient désormais les hommes de 25-54 ans. Ces stations pourraient davantage se consacrer à la production d'émissions locales, ce qui se traduit notamment par le retour d'émissions d'affaires publiques locales le matin et le midi en plus de la production locale de bulletins de nouvelles. De plus, une émission de nuit et une autre d'affaires publiques matinale de fin de semaine seraient produites et offertes à toutes les stations
du groupe.Cogeco compte aussi vendre deux stations FM de Québec,
Rythme FM (CJEC FM) et
CFEL FM, en raison de la complémentarité des deux autres stations de son portefeuille actuel et futur, soient
le FM 93 (CJMF FM) et
CFOM FM. Dans le marché de Sherbrooke, l'entreprise veut convertir
CKOY FM en réémettrice de
CKAC. "Ce scénario a le triple avantage d'assurer à Sherbrooke la diffusion d'un service complet de radio axé sur les sports et l'information sportive, un service complémentaire au marché actuel, de ne plus surtaxer le marché publicitaire local où la majorité des stations, dont
CKOY, sont déficitaires, et de respecter la politique de propriété commune du
CRTC", explique
Cogeco.De plus,
l'entreprise souhaite contribuer à hauteur de 7,2 millions$, soit 9% de la valeur totale de la transaction, à "divers organismes et initiatives, dont
Musicaction, le Fonds Radiostar,
le Fonds canadien de la radio communautaire, en soutien au système canadien de radiodiffusion si la transaction est approuvée dans son ensemble".
Cette annonce fait suite à celle du
CRTC, qui tiendra une audience publique le 28 septembre prochain à Montréal et qui a, par le fait même, rendu publique la demande de
Cogeco pour l'approbation de la transaction par l'organisme. La décision de celui-ci devrait être connue en novembre.
Source :
InfoPressepar Marianne Chouinard.