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lundi 14 septembre 2009

Musique_TSF Jazz a 10 ans et sort un coffret retraçant une décennie de jazz



TSF Jazz, seule radio de l'agglomération parisienne exclusivement consacrée au jazz, qui exploite aussi des fréquences à Amiens, Cannes, Laval, Nice, Orléans et Poitiers, fête son 10e anniversaire et publiera le 25 septembre un coffret de dix disques.

Chaque disque est une sélection des musiciens retenus par la rédaction de la radio pour avoir fait l'actualité du jazz depuis sa création, du pianiste Michel Petrucciani au contrebassiste Avishai Cohen en passant par les frères Moutin.

"On a repris en août 1999 avec Jean-François Bizot et Frank Ténot (décédés depuis) la radio TSF, qui était une radio généraliste, pour y mettre un format 100% jazz", a raconté à l'AFP son directeur, Bruno Delport.

"On a appris à gérer un catalogue, le plus vaste avec celui du classique. Dans le jazz, on travaille sur 80/90 ans d'enregistrements: c'est un travail d'équilibriste pour réussir à trouver le bon dosage et plaire aussi bien aux spécialistes qu'aux gens qui ne connaissent pas le jazz", explique-t-il.

Aujourd'hui, TSF Jazz émet 24 heures sur 24, et en direct de 06H00 à minuit. Selon M. Delport, elle compte aujourd'hui en moyenne quotidiennement, mesurée par Médiamétrie, 200.000 auditeurs, et un million par semaine.

"Nous sommes sélectionnés pour la radio numérique, sur les trois agglomérations déjà fournies, Paris, Marseille et Nice, et on sera candidat pour couvrir 75% du territoire", précise M. Delport.

Depuis deux ans, la station a mis l'accent sur la diffusion de concerts en direct, "parce que le jazz, c'est aussi une musique d'improvisation", selon M. Delport. TSF Jazz emploie 14 salariés et réalise 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires.

Source : LeMonde.fr

jeudi 11 décembre 2008

Média_Pierre Bouteiller : « Je suis shooté à la radio »




Pierre Bouteiller
: « Je n'arrête pas de parler pour dire qu'il faut se taire, faire parler les artistes, laisser la place à la musique. »
Le journaliste a passé cinquante ans derrière un micro. Il était l'invité du festival Longueur d'Ondes hier.

Il a réveillé, bercé, informé, fait sourire, diverti, cultivé des millions d'auditeurs. Cinquante ans de radio, ça vous pose un homme. Son bonjour placé seul au beau milieu de l'indicatif jazz ou classique est sa marque de fabrique. Pierre Bouteiller le dit lui-même. « On était des barons de France Inter. Le système ABC, pour Artur, Bouteiller, Chancel. »

Modeste, le baron a des choses à raconter, avec la peur au ventre d'en dire trop, d'ennuyer, mais aussi avec l'envie de citer une foule de références littéraires ou musicales. Il était l'invité du dernier jour du festival Longueur d'ondes hier, au Musée des Beaux-arts.

La radio, Pierre Bouteiller a commencé par la regarder, enfant. Le regard dans le vague, l'oreille captivée. Il est entré, au gré d'un concours, à Europe numéro 1, en même temps que Philippe Labro. Dix ans d'expérience, avant de se faire virer, en 1969, avec une dizaine d'autres, « parce qu'on pensait mal », dit-il. C'est Roland Dordain, autre monument radiophonique qui l'a recruté à Inter.

Pierre Bouteiller a toujours cultivé ce ton libre, ironique, parfois provocateur, « avec le même mauvais esprit que José Artur », dit-il. Entre deux imparfaits du subjonctif, il programmait Le Déserteur de Boris Vian. Pour lui, pire que la censure, c'est « l'autocensure des journalistes, par peur de choses même pas formulées par la direction ».

Du Masque et la plume, émission critique et mythique, qu'il a animée dès 1982, il dit « c'est un de mes meilleurs souvenirs ». Il a été directeur de France Musiques, de France Inter.

« L'interactivité c'est une démission »

Il est passionné, presque dévot à l'évocation de ses icônes, comme Maurice Ravel ou Pierre Boulez. À chaque note de musique, il pianote sur son fauteuil, tape du pied en rythme. Il s'est aussi bien amusé, dans un « esprit de déconnance généralisée ».

Il a vu l'espace d'antenne s'ouvrir de plus en plus aux auditeurs au point de devenir aujourd'hui une sorte de « flot continu ». Pas vraiment à son goût. « Le talent des auditeurs est souvent supérieur au nôtre », dit-il un brin démago, en pensant surtout au Masque et la plume. Mais pour lui « l'interactivité à tous crins c'est une démission ».

Quant à la mort de la radio, annoncée à chaque arrivée d'un nouveau média, il n'y croit pas. Elle reste selon lui « irremplaçable pour sa rapidité ». Il reprend une petite nomenclature rapide des médias, selon laquelle la radio répond à la question « quoi ? », la TV à la question « comment ? » et la presse écrite à la question « pourquoi ? ».

Aujourd'hui animateur sur TSF jazz, Pierre Bouteiller reste un dévoreur d'ondes : Europe 1, France Inter, RTL, Classique, France Musique, France Culture... « Je zappe, dit-il. Je suis shooté à la radio ».

A lire : Radioactif, Pierre Bouteiller, Ed Robert Laffont, 171 pages, 18 €.

Source : Brest.MaVille.com
Par : S.P.