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mercredi 6 octobre 2010

Affichage Numérique_ Webtélé : le modèle québécois plaît aux Français




Les textes francs, directs et sans censure de plusieurs webtélés québécoises font visiblement l'envie des Français. À preuve, les scénaristes des Chroniques d'une mère indigne, Miryam Bouchard, et de Couple.tv, Lily Thibeault, ont toutes deux été invitées à Scénaristes en série, qui se tiendra dans l'Hexagone en octobre afin de parler de l'expérience québécoise.

«On nous invite en tant que colonisateurs! lance en riant Miryam Bouchard. Au Québec, on a une liberté de création et un public qui répond. Ils (les Français) veulent savoir comment on fait. Comment ça se finance? Ils veulent comprendre notre méthodologie.» Lors de cette manifestation qui aura lieu du 15 au 17 octobre, une table ronde intitulée Contenus web: la France et l'exemple québécois figure au programme.

«En termes de contenus, les webséries québécoises sont parmi les plus créatives du moment. Pourquoi le Canada a-t-il cette longueur d'avance? Nous allons aborder la question notamment à travers les structures en place outre-Atlantique», peut-on lire dans le programme de Scénaristes en série, publié en ligne sur l'internet.

«Les Français considèrent vraiment qu'on a une avance sur eux», ajoute Lily Thibeault, qui a remporté le prix du jury et celui décerné par les internautes lors du premier Festival international de télévision sur l'internet qui se tenait en mai dernier à La Rochelle.

Les chroniques d'une mère indigne... la fin


Par ailleurs, les internautes qui visionnaient avec plaisir les aventures de Mère indigne (Marie-Élaine Thibault), Père indigne (Stéphane Archambault) et de leur marmaille seront déçus d'apprendre que la quatrième saison de l'émission ne verra pas le jour. «Il n'y aura pas de nouvelle saison, confirme la scénariste et réalisatrice, Miryam Bouchard. C'est la fin. Trois saisons sur le web, je pense que c'est beaucoup. On aurait eu des idées pour une saison 4, mais je pense que l'engouement était moins là.» Les nostalgiques pourront tout de même regarder sous peu les épisodes de la troisième saison qui seront diffusés au petit écran sur les ondes de Radio-Canada.

Source : CyberPresse Par : Nathaëlle Morissette

lundi 31 mars 2008

Media_Webtélés et contenus haute-vitesse: les Videotron, Bell et compagnie risquent de leur couper les ailes



On prédisait pour les prochaines années un bel avenir aux Webtélés. Mais les limites de téléchargement et de vitesse imposés aux usagers par certains grands fournisseurs d'accès, ainsi que la remise en question de la neutralité du net, risquent de tuer dans l'oeuf la télé sur le Web et les contenus conçus pour la haute-vitesse.

Pour les amateurs de sports, le service de Webtélé Zone de Match de RDS, c'est du bonbon. Il faut dire qu'avec votre abonnement, en plus de la retransmission en direct des matchs du Tricolore, vous avez droit à une version abrégée de 48 minutes, sans pauses ni arrêts de jeu, aux jeux-clés de chaque rencontre, les mises à jour en continu des résultats et principales actions des autres matchs, le clavardage en temps réel en plus de pouvoir visionner les analyses des experts, des commentaires des joueurs, etc.

Le journaliste Jean-François Coderre du Journal du Montréal en a fait l'expérience et il a bien aimé. Cependant, petit détail qui a son importance, Codère déclare sur son blogue que «synthoniser le signal pendant 3h équivaut à un téléchargement de 725 Mo.» Une information confirmée par d'autres internautes.

Et il en sera de même si le moindrement vous êtes accroc de Webtélé. Il n'y a qu'à voir l'offre de service locale, mise en valeur par Dominic Arpin dans ses chroniques WebTVHebdo, pour constater que les Webtélés québécoises commencent à se multiplier. Or, on le sait, les nouvelles générations délaissent la télé, et donc leur abonnement à la cablo-distribution ou à la télé par satellite au profit d'internet. Au grand dam des télédiffuseurs.

Bref, en attendant que les médias électroniques jouent d'audace et embrassent le multi-plateforme (on a bien de hâte de voir si TQS sera la première chaîne à la jouer ainsi avec une programmation à la fois télé et Web), on suit de près les expérimentations des Webtélés.

Il y a toutefois des grands nuages noirs qui planent au-dessus de nos têtes. Des nuages noirs qui risquent de remettre en question la viabilité des Webtélés indépendantes et des contenus formatés pour la haute-vitesse.

Il y a eu cette nouvelle qui a fait couler beaucoup d'encre en août dernier, à savoir la fin du service de téléchargement rapide illimité par Videotron. Dorénavant, les limites mensuelles des services offerts par Videotron vont de 30 à 100 gigaoctets. Inutile de dire que pour une famille normale de 4 personnes (deux adultes et deux enfants) aimant visionner des Webtélés et télécharger des fichiers numérisés, ces limites peuvent facilement être dépassées. Quelques matchs visionnés sur la Zone de Match de RDS, des films achetés dans une boutique en ligne comme iTunes, des Webtélés d'ici et d'ailleurs visionnées par l'ensemble de la famille, de la navigation normale sur Internet, l'écoute de stations de radio sur Internet et le téléchargement d'émissions en baladodiffusion et ça va de soi, une visite à son dealer Bittorrent favori, il n'en faudra pas plus voir ses factures de consommation exploser. Bonjour les frais supplémentaires.

Il y a aussi cette nouvelle, publiée par Carine Salvi, à savoir que BELL limitera la vitesse de tous ses fournisseurs-partenaires au Québec et en Ontario durant les périodes de pointe. Quand on sait que des grands télédiffuseurs comme Radio-Canada/CBC commencent à offrir le téléchargement d'émissions sur Bittorrent, n'est ce pas que de tels gestes de la part des Bell, Rogers et compagnie ne peut que couper les ailes à ces initiatives de diffusion?

N'en jetez plus, la cour est pleine? Alors, parlons donc un peu neutralité du net que justement, les fournisseurs d'accès locaux et nationaux semblent vouloir remettre en question, une véritable horreur. Remettre en question la neutralité des réseaux, c'est «permettre aux différents acteurs d'un réseau de faire passer en priorité certains flux au détriment d'autres, considérés comme moins importants.»

Dans un monde pas très idéal, allons-y donc d'un scénario hypothétique, à savoir qu'un Videotron pourrait très bien favoriser le trafic de ses filiales télés comme TVA et LCN au détriment de la SRC ou RDS par exemple, à moins que celles-ci ne casquent argent sonnant et trébuchant. Mais cela pourrait être aussi des Webtélés indépendantes.

Prophète de malheur le chroniqueur? Pourquoi pas, j'assume. Mais ce que je vois à l'horizon ne me plaît pas et me fait craindre le pire pour les initiatives indépendantes.

Source : Branchez Vous
Publié par Michel Dumais