
Sun Microsystems (IBM), le propriétaire en difficultés du
langage de programmation Java (JAVA), a finalement trouvé pour repreneur le prospère éditeur de logiciels Oracle (ORCL), dédaignant les efforts concurrents
d'IBM pour négocier son rachat à la baisse.
Sun Microsystems, le propriétaire en difficultés
du langage de programmation Java, a finalement trouvé pour repreneur le prospère éditeur de logiciels
Oracle, dédaignant les efforts concurrents
d'IBM pour négocier son rachat à la baisse.
Cet accord «donne à
Sun la bouée de sauvetage dont il avait désespérément besoin», a souligné, chez Gartner, Andrew Butler.
Après un flirt révélé par la presse mais jamais publiquement admis,
le groupe de Santa Clara avait en effet pris un risque en refusant ces dernières semaines une offre revue à la baisse du géant
IBM, qui à l'origine avait offert entre 10 et 11$ US par action.
C'était plus que les 9,50$ US proposés par Oracle. L'offre de ce dernier est inférieure au cours de Bourse de
Sun vendredi en clôture (9,69 dollars), et valorise l'inventeur
du langage Java à 5,6 milliards de dollars hors dette, soit 7,4 milliards en incluant celle-ci.
Pour M. Butler, l'occasion saisie par
Oracle n'est «pas vraiment une surprise», dans la mesure où le groupe de Larry Ellison est l'un des plus florissants du pays, avec des réserves de liquidités qui en font l'un des principaux candidats aux grosses acquisitions. Fin février,
Oracle disposait de 8,2 milliards de liquidités.
Selon la numéro deux du groupe et ancienne directrice financière
Safra Catz, l'acquisition, qui doit être finalisée l'été prochain, sera rentable dès la première année, apportant un bénéfice d'exploitation annuel de 1,5 puis 2 milliards de dollars annuels.
La transaction permettra à
Oracle de prendre possession de deux technologies clefs de
Sun, le langage de programmation informatique Java et le
système d'exploitation Solaris.«Le rachat de
Sun va transformer l'industrie des technologies de l'information, en associant les meilleurs logiciels professionnels du marché et systèmes informatiques», pour proposer «un système intégré dont tous les éléments seront adaptés les uns aux autres», s'est félicité le PDG
d'Oracle, Larry Ellison.Le logiciel
d'Oracle Fusion Middleware, qui enregistre une des meilleures croissances parmi ses produits, est basé sur
le langage Java, tandis que
le système Solaris est utilisé par les logiciels de base de données
d'Oracle, le secteur phare du groupe.
Certains analystes applaudissaient lundi une «intégration verticale» qui permettra à Oracle d'offrir aux entreprises clientes une suite de services complète.
«Cette initiative correspond à l'objectif
d'Oracle qui est d'acquérir des parts de marché dans les centres de données tout en affichant ses connectivités, tout en travaillant à une offre plus intégrée de bout en bout, du logiciel à l'application», soulignait Tom Ernst, de
Deutsche Bank.En revanche d'autres s'inquiétaient pour l'activité de matériels de
Sun Microsystems, semblant moins bien s'intégrer à la culture
d'Oracle.«Notre point de vue sur cette acquisition n'est pas très positif», notait Amitabh Goel chez
First Global. «On ne sait pas comment
Oracle va gérer un fabricant d'équipement, surtout que la part de marché de
Sun est sur la pente déclinante», a-t-il expliqué dans un courriel à l'AFP, soulevant aussi des «difficultés d'intégration» potentielle, et enfin le risque que les clients, qui jusqu'à présent choisissaient
Oracle par opposition à
Sun, réagissent mal.
Pour
IBM en revanche, laisser échapper
Sun Microsystems pourrait conduire à une réévaluation des priorités, d'autant que le groupe newyorkais fait aussi partie des entreprises prospères en chasse de bonnes affaires.
Cette fusion va d'ailleurs sans doute, selon M. Geol, «entrainer d'autres consolidations, si bien que des sociétés indépendantes de matériels, de logiciels ou de services pourraient être la cible de sociétés plus grosses».
Sur le marché, l'action
Sun bondissait de 36,58% à 9,11$ US, celle d'Oracle perdait 2,42% à 18,56$ US, et celle
d'IBM 0,73% à 100,53$ US.
Source :
CyberPresse