RadioSouvenirsFM

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dimanche 15 mars 2009

Musique_Les nouvelles frontières de Deezer



Dans un web mondialisé et théoriquement sans frontières, nous sommes en train d'assister à un phénomène assez étrange, peut-être révélateur de l'esprit humain : l'édification de nouvelles barrières, y compris dans les pays "libres", là où le virtuel nous avait habitués à des territoires sans barbelés.

Et non, il n'y a pas qu'en Chine que le web est filtré. On a les censures qu'on peut. Certaines sont politiques, chez nous elles seraient plutôt inspirées par le goût du lucre. Ainsi, Deezer, dans sa nouvelle et dernière mise à jour, semble encore faire les frais du diktat des maisons de disques, en imposant de nouvelles restrictions qui énervent déjà nombre de ses utilisateurs.

Première frontière : Deezer n'est plus en accès libre pour une écoute spontanée, raison d'être d'une webradio. Il faut maintenant s'inscrire au service juste pour lancer l'écoute simple d'une chanson.

Deuxième frontière, plus difficile à franchir : selon le pays où vous résidez, vous n'avez plus accès à la totalité des titres en écoute, y compris dans vos propres playlists. Sur injonction des majors du disque, Deezer n'a eu apparemment d'autre choix que de restreindre l'accès à certains artistes en fonction de votre situation géographique. C'est moche, autant pour Deezer que pour ses fidèles membres.

Ces restrictions régionales, dont j'ai un peu de mal à saisir le bien-fondé, surtout pour la musique (Metallica est un groupe connu dans le monde entier et sa maison de disque est bien contente d'avoir des acheteurs et des fans de l'Atlantique à l'Oural) sont une sorte de nouvelle plaie du web, qui a déjà touché de nombreux sites, à commencer par Pandora, qui n'est plus disponible hors USA depuis longtemps, mais également plus près de chez nous M6Replay, inaccessible si vous ne résidez pas en France.

Encore une fois ces foutues majors démontrent de la façon la plus stupide qui soit leur incapacité à gérer la présence et la diffusion de leurs artistes sur internet, et le vieux réflexe de protection et de repli est malheureusement toujours bien vivace.

Il y a peut-être des raisons "légitimes" à cela, mais il faudrait bien admettre une bonne fois pour toutes que le web est là pour durer, que ce n'est pas un épiphénomène de l'époque, et que quoi que l'on fasse, il y aura toujours des moyens alternatifs de télécharger, écouter et partager de la musique. Légalement ou pas.

Enfin, quelque soient les raisons de telles restrictions, plus personne ne comprend que dalle. Pire : le public perçoit ces dernières au mieux comme une sanction à l'encontre de l'écoute de musique sur le web, au pire comme le dernier moyen qu'ont trouvé des majors aux abois pour continuer à s'en foutre plein les poches, souvent aux dépens des artistes qu'elles prétendent protéger, d'ailleurs.

Et du coup le public, de guerre lasse, risque de déserter Deezer (on appelera cela deezerter), qui représentait la première vraie alternative intelligente au téléchargement illégal, et de se tourner vers d'autres solutions sur lesquelles les majors n'auront de nouveau plus aucun contrôle.

Ça s'appelle se tirer une balle dans le pied. Ou plutôt un obus, en l'occurence.

Source : LePost.fr Par : PresseCitron

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